Ma réaction principale après ce match fut de la joie et un peu de soulagement, non seulement parce que l'Angleterre a gagné ce match à l'extérieur, dans ce stade majestueux qu'est le Stade de France, mais aussi parce qu'ils l'ont gagné avec la manière. Ils ont vraiment joué intelligemment et je ne pense pas que les français soient parvenus à rentrer à 100% dans le match.
Nous les avons dominés à l'avant et nos joueurs d'expérience ont tout simplement bien joué. Tous ceux qui ont été impliqués de près ou de loin dans l'équipe peuvent être fiers de cette performance. Il n'y a pas beaucoup d'équipes qui réussissent à briser Les Bleus chez eux.
Les joueurs français avaient quartier libre, leur entraîneur Marc Lièvremont leur a dit d'aller sur le terrain et de jouer. C'est une nouvelle façon de procéder et je n'ai jamais été entraîné par un sélectionneur qui faisait cela.
Durant le match on a très bien vu que l'Angleterre était structurée, qu'elle avait une tactique de jeu spécifique : c'est-à-dire pousser les français à faire des erreurs et les punir. Cela m'a rappelé la demie finale de la Coupe du Monde 2007 durant laquelle l'Angleterre est devenue très solide dans les dernières 15 minutes du match alors que la France se décomposait.
Phil Vickery a été remarquable à la mêlée, tout comme l'Angleterre grâce à ses avants. Steve Borthwick s'est aussi bien débrouillé, Nick Easter a été élu homme du match mais il y avait quatre ou cinq autres joueurs qui méritaient ce titre. Jonny Wilkinson, qui a très bien joué et Richard Wigglesworth, le demie de mêlée qui faisait ses débuts internationaux, ont commis très peu d'erreurs.
C'est exactement ce type de performance que l'on s'attendait à voir de la part des anglais lors de leurs deux premiers matches. C'est ce que Brian Ashton leur avait demandé de faire et il a enfin vu ses désirs devenir réalité à Paris.
L'Angleterre devra aborder son match contre l'Ecosse exactement de la même manière, en utilisant ses avants performants pour contrôler le jeu et la charnière pour contrôler le rythme et la fréquence des attaques. Une telle tactique permet aux joueurs de s'exprimer. Lorsque Paul Sackey ou Lesley Vainikolo se sentent impliqués dans le jeu, ils marquent des essais ou bien créent des opportunités pour leurs co-équipiers.
Le plus gros danger pour l'Angleterre sera de sous-estimer l'Ecosse, qui a perdu tous ses matches jusqu'à présent mais qui est toujours capable d'élever son niveau de jeu, surtout à Murrayfield. Ils l'ont souvent fait contre l'Angleterre et les joueurs le savent. Ils ne sont pas suffisamment naifs pour croire que la victoire est déjà acquise. C'est bien de se sentir confiant mais trop de confiance peut être dangereux. L'Ecosse a cette capacité à surprendre et produire du très beau jeu dans ce Tournoi 2008.