Xavier Garbajosa a déjoué les pronostics les plus pessimistes et a enfin fait son retour à la competition après un an d'absence et six opérations du genou droit.
La résurrection de l'ailier international a de quoi surprendre puisque beaucoup le disait condamné à prendre une retraite anticipée il y a encore quelques mois.
Mais c'était sans compter sur son courage et sa capacité à rebondir, et c'est avec une grande fierté que Garbajosa a repris le chemin de la compétition samedi dernier avec son club le Stade Toulousain contre Perpignan dans un match amical qui restera certainement gravé dans sa mémoire pendant longtemps.
"Je suis encore loin du bout," a t-il confié à L'Equipe.
"Mais j'ai retrouvé des sensations, et après avoir passé près d'un an au frigo, c'est une immense satisfaction."
Il aura fallu six opérations, la dernière remontant au 24 février, au joueur talentueux avant d'entrevoir un début de guérison.
"Il y a sept mois, j'étais perdu pour le rugby," ajoute t-il.
"Plusieurs spécialistes me disaient d'arrêter. Je n'avais plus que 30% de flexion dans mon genou.
"Mais à vingt-sept ans, je ne pouvais l'accepter. Et je suis têtu.
"On m'a proposé de faire une ostéotomie, en me précisant que parmi les sportifs qui avaient fait ce choix, seul Dado Prso, l'ancien attaquant de Monaco, avait pu rejouer."
De longs mois de patience et d'abnégation, et de doutes aussi, lui ont permis de refaire surface.
"J'ai du tout réapprendre : marcher, descendre des marches, les monter," dit-il.
"Par moments, je ne sentais aucun progrès. Même si j'ai toujours été bien entouré, j'ai eu parfois la tentation de tout plaquer.
"J'avais perdu huit centimètres de tour de cuisse. Mais je me suis accroché et le travail a fini par payer.
"La douleur est toujours là, je l'accepte, tant qu'elle demeure à un niveau supportable pour me permettre de m'entraîner et de jouer.
"Je ne demande rien de plus. Depuis un an, j'ai appris à être patient."